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Critères d'évaluation des systèmes de vote

Les critères présentés ici sont pour la majorité issus de cet article wikipédia.

Critères respectés par le vote de valeur

Universalité

On doit toujours pouvoir déduire de la somme des volontés individuelles, une volonté collective.

Non-dictature

Aucun électeur ne doit pouvoir imposer ses préférences, indépendamment des préférences des autres.

Monotonie 

Un électeur ne doit pas pouvoir faire diminuer le classement global d'un candidat en le classant plus haut.

Totalité (ou Souveraineté)

Aucun choix social ne doit être impossible a priori.

Indépendance globale

L'introduction d'un candidat supplémentaire ne doit pas modifier l'ordre relatif existant entre les autres candidats dans chaque bulletin.

Note : le système actuel de l'élection présidentielle en France ne respecte pas ce critère.

Indifférence des Options Non-Pertinentes (ou Indépendance locale)

Le classement relatif de deux candidats ne doit dépendre que de leur position relative et non du classement de candidats tiers ; si l'on ne considère qu'un sous-ensemble de candidats, la fonction ne doit pas aboutir à un autre classement de ce sous-ensemble.

Note : le système actuel de l'élection présidentielle en France ne respecte pas ce critère.

Gagnant de Condorcet

S'il existe un gagnant de Condorcet, c'est à dire un candidat qui, confronté à tout autre candidat est toujours le gagnant, alors ce candidat doit être élu.

Perdant de Condorcet

S'il existe un perdant de Condorcet, c'est à dire un candidat qui confronté à tout autre candidat est toujours le perdant, alors ce candidat ne doit pas être élu.

Consistance

Si les bulletins sont partagés en deux groupes et si un candidat est le gagnant dans chaque groupe, il doit être le gagnant des élections.

Clones

Définition : Un ensemble de clones est un ensemble de candidats (au moins deux) tel que tout autre candidat se situe, ou bien avant tous les clones, ou bien après tous les clones. Un ensemble de clones ne peut pas contenir tous les candidats.

Critère des clones : si dans un ensemble de clones, on élimine un candidat, si l'ancien gagnant était dans cet ensemble de clones, le nouveau gagnant doit y rester et si l'ancien gagnant n'était pas dans l'ensemble de clones, il doit rester le gagnant.

Note : le système actuel de l'élection présidentielle en France ne respecte pas ce critère.

Participation

Si X est gagnant et que l'on rajoute des bulletins dans lesquels X est toujours mieux placé que Y, Y ne doit pas être le nouveau vainqueur.

Paréto

Si le candidat X est placé dans tous les bulletins, derrière le candidat Y alors il ne peut pas gagner.

Symétrie par inversion

Si un candidat est gagnant et si on range, dans chaque bulletin, les candidats dans l'ordre inverse, ce même candidat doit perdre.

Note : appliqué au vote de valeur, l'opération consiste à inverser l'échelle des valeurs.

Smith

Définition : l'ensemble de Smith est le plus petit ensemble de candidats qui gagnent contre tous les candidats hors de l'ensemble.

Critère de Smith : le gagnant doit appartenir à l'ensemble de Smith.

Non-surévaluation

Un électeur ne doit pas pouvoir surévaluer un candidat de manière à réserver à son candidat préféré un duel facile à vaincre.

Note :

  • Le système actuel de l'élection présidentielle en France ne respecte pas ce critère.
  • Le vote de valeur respecte ce critère grâce à la suppression du vote à deux tours (rendu possible et souhaitable avec le vote de valeur).

Le vote de valeur respecte la très grande majorité des critères de pertinence reconnus d'un système de vote.

Critères non respectés par le vote de valeur

Majorité

Si un candidat est placé premier dans plus de la moitié des bulletins, il doit être élu.

Majorité mutuelle

S'il existe un ensemble de candidats qui est mieux placé que les autres dans plus de la moitié des bulletins, le gagnant doit faire partie de cet ensemble.

Préférence secrète

Si un candidat gagne et que l'on modifie les ordres de préférence dans les bulletins derrière le candidat gagnant, celui-ci doit rester gagnant.

Pour une élection démocratique, nous rejetons les critères de majorité ou de préférence secrète.
Exemple d'application du critère de majorité dans le cadre d'un vote de valeur
Exemple d'application du critère de majorité dans le cadre d'un vote de valeur

Dans cet exemple, c'est le candidat A qui serait élu si le critère de majorité devait être appliqué. On constate pourtant ici que le candidat C dispose d'un soutien global bien plus large. A l'inverse, le vote de valeur place le candidat C largement en tête avec un total de 25 points et le candidat A en dernier du fait du nombre important d'électeurs ayant marqué leur forte désapprobation pour ce candidat.

Plus généralement, si plus de 50% attribue le maximum des points à un candidat et qu'il n'est pas élu avec la méthode de la somme, c'est que les autres électeurs ont marqué une très forte hostilité. C'est donc le signe d'un clivage et d'une tension forte au sein de la société. Le candidat arrivé en tête (avec la méthode de la somme) représente alors nécessairement une voie nettement plus consensuelle et moins conflictuelle. Il en va de la sauvegarde de la démocratie et du système de privilégier cette voie médiane pour favoriser la cohésion sociale et limiter ainsi les tensions.

Dit autrement, ce critère de la majorité n'est autre que la critique bien connue des anti-démocrates : "c'est la dictature des 51% sur les 49 autres".

Face à cette nouvelle approche du vote de valeur, ce critère de la majorité apparaît aujourd'hui comme archaïque et non pertinent.

Dans le même esprit, le critère de "préférence secrète" considère que les opinions des électeurs qui ne sont pas les plus favorables ne doivent pas remettre en cause le résultat de l'élection. Nous ne souscrivons pas à ce principe : si une partie des électeurs ayant voté -2 pour le candidat A reviennent à une opinion plus favorable, il pourrait alors être normal que ce dernier repasse en tête.

Non-compromission

Un électeur ne doit pas pouvoir placer un candidat au dessus d'un candidat qu'il préfère en réalité.

Non-enterrement

Un électeur ne doit pas pouvoir enterrer un candidat qu'il aurait normalement placé en position médiane.

Nous jugeons non pertinents les critères dits "d'invulnérabilité aux votes tactiques" appliqués au vote de valeur pour une élection démocratique

La notion de vote tactique signifie que l'électeur modifie ses options pour chaque candidat en fonction d'hypothèses et de prévisions du résultat de l'élection. Concrètement, il s'agit généralement de consignes de votes transmis par les partis aux militants ou électeurs.

La consigne de vote donnée aux militants fait partie intégrante du jeu démocratique, tout comme l'action et l'existence du militant lui-même. Sans lui, point de démocratie. On ne peut demander à un militant d'avoir une position objective (concept de l'engagement en sociologie).

Si le système devait atténuer l'expressivité du bulletin de vote du militant et de sa vision partisane, il critiquerait à juste titre le système et s'en éloignerait, ce qui constitue un grand danger pour la démocratie. Contrairement à une compétition, au delà du résultat du vote, ce qui est important pour une démocratie, c'est que les citoyens aient pu pleinement s'exprimer, et peser individuellement, tels qu'ils l'entendaient, sur l'avenir de leur nation.

Dans le cadre du vote de valeur à l'élection présidentielle, quelle autre consigne de vote pourrait donner un candidat que celle de lui attribuer le maximum de points et le minimum à tous les autres. Ce serait se "tirer une balle dans le pied" que de donner une autre consigne, et si ce devait être le cas, c'est qu'il a déjà acté sa défaite et qu'il soutient indirectement le ou les autres candidats. Tout cela reste par conséquent parfaitement cohérent et en rien répréhensible. Les votes "binaires" des militants de chaque candidat s'annulent dans les limites de leur nombre respectif. Il apparaît normal que le candidat qui dispose du plus grand nombre de militants acquis à sa cause possède un avantage sur les autres... Reste à convaincre la "majorité silencieuse", plus nuancée, mais largement majoritaire...

Dans le cas des élections de listes (répartitions de sièges), le débat est du même ordre : donner une consigne de vote qui soutient d'autres listes revient à se saborder et réduire son propre nombre de sièges.

Il est important de noter que cette notion de vote tactique constitue par contre un véritable défaut dans d'autres systèmes de vote comme ceux par classement ou répartition de points. Dans ces systèmes, réaliser un vote tactique impose de relever la position de candidats que l'électeur rejette mais qu'il ne juge 'pas dangereux' aux vues des sondages. Si de nombreux électeurs réalisent le même vote tactique c'est ce "petit" candidat rejeté qui peut finalement être élu !

Enfin, les critères "d'invulnérabilité aux votes tactiques" sont tout à fait pertinents, voire prioritaires, dans le contexte de jury où les juges ont un devoir d'impartialité et d'évaluation objective. Dans ce type de contexte, il est alors nécessaire de privilégier des méthodes de calcul qui minimisent le poids des juges qui se trouvent marginalisés par rapport à la majorité (voir les méthodes proposées par M. Balinski et R. Laraki).

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